Article 4

Article 4
Les chevaux sont épuisés. De mauvaise grâce, ils se laissent tirer par la bride hors des camions, qui arrivent de Lituanie et viennent faire étape dans ce centre vétérinaire aux confins de la frontière polono-tchèque. Certains boitent, d'autres souffrent de lésions internes et de blessures, d'autres encore sont prostrés sur les genoux de leurs jambes antérieures, saignant des naseaux et des flancs, résultat des cahots de la route et des chocs contre les parois et les barreaux du véhicule. Ils boivent avidement l'eau dont ils ont été privés trop longtemps. Les vingt et une bêtes roulent depuis plus de vingt heures et ils en ont encore pour .... 3 jours, destination: Cagliari, en Sardaigne, soit un calvaire de plus de trois mille kilomètres à travers sept pays européens de la Baltique à l'Italie et avec l'abattoir en fin de parcours.
TOUT ÇA POUR ALIMENTER NOS BOUCHERIES
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Même destination et même parcours d'enfer pour un second véhicule qui vient de se ranger le long de la façade d'un gris sale du centre vétérinaire de Zebrzydowice. Il vient du nord de la Pologne et son équipage ne prend même pas la peine de décharger les bêtes et de la abreuver. D'ailleurs, tant le vétérinaire polonais que son collègue tchèque se contentent d'un bref regard à travers les barreaux du bahut, avant d'accorder la permission aux transporteurs de poursuivre leur route. Toutes proportions gardées, les conditions de transport sont pires encore chez les polonais, dont le camion vibre et tremble des coups de sabots et des déplacements erratiques des vingt-six chevaux qui y sont entassés sur un espace réduit. Si réduit, qu'au moindre choc, les bêtes se donnent mutuellement des bourrades dans les côtes, malgré les brides de grosses cordes qui les retiennent à la paroi du véhicule, mais leur écorchent yeux et naseaux à la moindre tension. Le stress et la douleur rendent les animaux agressifs.

Certains s'agitent dans tous les sens, mordent leurs voisins, essaient de se cabrer, malgré l'exiguïté de leur enclos. Un bai glisse sur le sol recouvert d'une mince couche de paille et atterrit entre les sabots nerveux de ses voisins. Position dont l'un des convoyeurs vient l'extraire en tirant brutalement sur sa corde, pour ne pas courir le risque de le retrouver à l'état de cadavre à son arrivée dans le port méridional du Bari. Les convois polonais et lituaniens ne sont pas les seuls à sillonner cette route de la mort. Ils sont des milliers à faire la navette entre l'Europe orientale et méridionale, pour combler l'appétit des Belges, des français et des Italiens en viande de cheval et ce sont quelques 100.000 équidés qui sont ainsi véhiculés pour être équarris dans les abattoirs de Bologne, Milan, Cagliari et Bari, parfois Palerme et Bordeaux.

Une affaire juteuse tant pour les expéditeurs que pour les industriels de la viande, les supermarchés et les restaurants, dans la mesure où les marges bénéficiaires dans ce domaine sont énormes. Si les paysans et les kolkozes d'Europe de l'Est se satisfont déjà d'une centaine de marks (2000 FB - 350 FF), les revendeurs se sucrent avec d'autant moins de honte que la viande de cheval fraîche, riche en protéines, et surtout celle de poulains, est très prisée en France et en Italie. Le kilo y avoisine les 420 FB ( 70 FF) dans les supermarchés et le steak peut atteindre le double dans un restaurant.

Marchands ou transporteurs, peu se soucient en réalité de la fragilité du cheval, qui a besoin de 60 litres d'eau par jour en période de canicule et supporte encore moins bien que les bovidés, les longs transports par route. Une totale indifférence qu'illustre, en l'occurrence, la maltraitance généralisée, l'insuffisance des plages de repos et l'absence d'une surveillance vétérinaire digne d ece nom. Que des milliers d'équidés soient blessés ou même meurent en route laisse les maquignons parfaitement de marbre, dans la mesure où une certaine part de "déchets" est incluse dans le prix de revient. La plaque tournante de ce commerce est la ville polonaise de Zebrzydowice. Par le parking du centre vétérinaire de la localité transitent environ 600 camions par mois, dont la moitié concerne le transport de chevaux. Soit quelques 7000 bêtes, dont les deux tiers en provenance des stalles polonaises, qui passent ainsi par ce n½ud routier et gagnent les abattoirs du sud de l'Europe. Les chevaux destinés à l'abattoir ont droit à un repis de 24 heures pour être nourris, soignés et se coucher sur la paille, indépendamment des deux haltes d'une heure chacune également prévues entre les étapes. Telles sont du moins les directives de Bruxelles auxquelles doivent théoriquement se soumettre les convoyeurs d'animaux, qu'ils vienne de l'extérieur de la communauté européenne ou y circulent. Théoriquement, car les pauvres bêtes ont déjà réintégré leur bahut après trois heures à peine, avec la bénédiction du service vétérinaire local, qui a apposé son cachet de conformité sur la feuille de route, confirmant 'l'excellent état d'hygiène et de confort dans lequel voyagent les animaux, conformément à la législation en vigueur.

C'est ensuite la course jusqu'au relais suivant qui est atteint au terme de la deuxième journée.
Lorsque en fin d'après-midi Redics et la frontière slovène sont en vue, les bêtes ont sombré dan s l'apathie et laissent pendre lamentablement la tête. Ici non plus pas le moindre centre de soins digne de ce nom. Les chevaux sont si faibles que certains gisent sur le sol. Mais comme dans cette position, les bêtes peuvent pourrir si elles y restent trop longtemps, le convoyeur lutte comme un forcené pour les ramener brutalement à la position verticale, tandis qu'un aide bourre le pauvre animal de coups de fourche dans le flanc, lui le pousse à se rétablit en le bombardant d'électrochocs. Des scènes pareilles, chevaux maltraités, jambes brisées par les armatures du camion, étranglés par des brides trop serrées ou piétinés par les sabots de leurs congénères sont fréquents.

C'est dans un état d'abrutissement et de fatigue avancé que qu'ils arriveront après quatre jours et cinq nuits de souffrance à l'abattoir de Cagliari, l'un à l'½il crevé, l'autre une jambe cassée et un hongre des plaies suppurantes à l'arrière train. Un calvaire de trois mille kilomètres qui dans quelques heures va prendre fin par un coup de marteau.

# Posté le samedi 15 novembre 2008 14:04

Modifié le mercredi 07 janvier 2009 09:37

Article 3

Article 3

Au fil des années, la Fondation Brigitte Bardot s'est développée et n'a eu de cesse de se battre pour la protection de l'animal domestique et sauvage dans le monde.
Aujourd'hui, la Fondation Brigitte Bardot recense plus de 57 000 donateurs répartis dans près de 20 pays mais aussi 323 inspecteurs-délégués.
Son siège social est situé à Paris et comptabilise une trentaine d'employés.
La Fondation agit directement sur le terrain (aides aux refuges, sauvetages d'animaux, campagnes de stérilisation de chats errants,etc.).
Elle intervient aussi juridiquement, avec le concours de ses inspecteurs-délégués, présents partout en France.
A l'étranger, elle a créé, notamment, un sanctuaire pour ours en Bulgarie, a conçu une clinique vétérinaire mobile pour les pays de l'Est...
Parallèlement, la Fondation Brigitte Bardot multiplie les campagnes d'affichage, les publicités dans les journaux et renforce ses réseaux de communication pour informer encore et toujours.
La Fondation Brigitte Bardot fait partie de plusieurs coalitions afin de renforcer son action. Ces coalitions regroupent les principales associations internationales de protection animale afin de mener un travail en commun.
Nous sommes ainsi membres d'Eurogroup for animal Welfare qui milite au niveau européen pour un renforcement légal du bien-être animal.
Nous intervenons aussi au sein du GAWC (Global Anti-Whaling Campaign) qui lutte contre la chasse à la baleine.
Nous avons aussi décidé de rejoindre la Fur Free Alliance pour dénoncer et informer sur les atrocités de la fourrure. En France, nous adhérons à la Fédération de Liaisons Anti-Corrida qui se bat contre la corrida.
La Fondation possède un refuge en Normandie « La Mare Auzou » où 200 chiens et 240 chats attendent un maître. Ce refuge fait aussi office de maison de retraite pour équidés et bovins sauvés de l'abattoir.
La Fondation, c'est aussi 36 000 lettres reçues par an, 150 appels téléphoniques par jour ainsi qu'une revue trimestrielle publiée de 32 pages l'Info-Journal .
La Fondation Brigitte Bardot ne vit que grâce aux dons et aux legs de ses généreux sympathisants. L'augmentation régulière de ses donateurs a permis à la Fondation de se structurer en une véritable entreprise.

SOUTENEZ-NOUS, REJOIGNEZ-NOUS !

# Posté le jeudi 19 juin 2008 13:29

Modifié le mercredi 07 janvier 2009 09:33

Article 2

Cette lettre n'est pas de moi évidemment, mais j'ai tellement été touchée par cela que je tenait à faire cet article.

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Bonjour,

C'est la première fois que je vous écris, et c'est malheureusement pour vous annoncer une bien triste nouvelle : ce matin j'ai découvert une de mes 2 petites juments d'à peine 4 ans - Quamille - découpée sur place dans la pâture au milieu de ses compagnons. Quamille était une jument Haflinger issue de l'élevage du Domaine de la Voie Lactée, à Eschviller en Alsace (http://www.lavoielactee.fr)

Je suis très choqué car j'aurai en mémoire, pour le reste de ma vie, ces images de boue, de sang, de barbarie. Ses doux yeux sont encore ouverts et semblent me demander ''Pourquoi ? Moi qui était si douce, si gentille, si câline et qui travaillait depuis 6 mois à l'attelage avec ma demi-s½ur Quannelle, moi qui tirait souvent pour 2, et qui faisait tant confiance aux humains – trop confiance''

Ma petite entreprise venait tout juste d'être créée le 2/01/2008 et je commençais à travailler avec Quamille et Quannelle. Cet après-midi je me sens seul et Quamille me manque déjà trop. J'ai mis Quannelle à l'abri
de la folie des hommes, mais pour combien de temps ?

Je tiens à vous faire parvenir 4 photos terribles du triste spectacle que j'ai découvert hier matin. Elles sont en pièces jointes. Les ''bouchers d'une nuit'' ont découpé méticuleusement les 4 membres et les ''filets'' du dos de chaque coté de la colonne vertébrale. Je vous autorise à publier ces images pour que l'on sache de quelle barbarie sont capables les humains, pour s'amuser, pour manger de la viande de cheval ou pour ce satané argent qui nous gouverne...

Les Attelages de Verzenay sont en deuil.
Mais la vie garde ses priorités et il faut maintenant réparer les dégâts infligés aux survivants. Et il faut surtout repartir vers l'avant,
Recréer une nouvelle paire à l'attelage, panser les plaies de l'âme... et essayer d'apprendre à pardonner...
Bien cordialement,
Les Attelages de Verzenay

Thierry GEORGETON
Les Attelages de Verzenay
16, rue Moët et Chandon
51360 Verzenay - France
Tél. 06.32.82.93.27 /
03.26.49.41.77
attelages-verzenay@orange.fr
http://www.attelages-verzenay.com

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Les photos du massacre : Une - Deux - Trois
Article 2

# Posté le samedi 12 avril 2008 19:38

Modifié le mercredi 07 janvier 2009 09:28

Article 1

On me demande souvent qui je suis vraiment, à quoi ma tête ressemble gnagnagna :

# Posté le samedi 12 avril 2008 19:03

Modifié le vendredi 10 juillet 2009 17:36